Atelier

Publié le par Soleildebrousse

Petit exercice de style à partir d'un débat lancé par Babel et que vous retrouverez-ici :

... le pb avec myspace c'est que si on n'y a pas d'espace, on ne peut pas y laisser de commentaire, mais si la réflexion vous intéresse, il prendra vos apports et les mettra lui-même en commentaire. Ce texte est déjà là-bas, sous publication anonyme, simplement parce qu'il n'y a aucun sens pour moi à ce que les lecteurs de là-bas sachent que je suis ici.

Emma. l'a déjà tenté, cela ne sert strictement à rien. Le net est compartimenté et hierarchisé de façon presque inéluctable. Du genre : "dis moi où tu t'exhibes et je te dirai qui tu es."

 


2009 : Je publie mes sécrétions sur un blog. J’écris pour raconter ce que je vois, ce que j’entends, ce qui me heurte ou m’amuse. C’est un goutte à goutte un peu terrifiant. Mon corps en est la molette en plastique, vaguement jaune, un peu pâle parfois quand je me relis et que la tension me rigidifie légèrement. Le liquide vient du cerveau où s’est fiché un cathéter planté à même la peau fine, palpitante, de ma tempe. Le résultat en est un effet un peu bleuté comme une ancienne maladie du sang. Puis, il traverse le cœur, surgit dans le conduit que représente ma main et se prolonge dans l’encre du stylo. Le bleu devient noir, sombre, épais, compact, dense. Il s’écoule.
J’écris pour donner la parole à l’autre, le muet, l’anonyme, l’enfoui dans la foule. Je crois bien au fond de moi, que je crie. Une souffrance. Murmure à peine audible, isolé dans la multitude. Ça sort de moi. Ça ne prévient pas. Dans un certain sens, sur la page du blog, le vide devient alors réflexion, voire repli dans les méandres de la matière synthétique, reflet intérieur vidé à l’extérieur. Je suis là sans être là. 
Au tout début, j’avais beaucoup de choses à me dire et puis le flux s’est ralenti. Dans le conduit transparent, souvent catarrheux, par instants traversé d’îles spumeuses, rarement translucide, je vois la vie qui s’écoule. Ça crachote, je règle mon écoulement. Et puis plus rien, silence total. Je me dis parfois que je suis ce tube creux. Faussement imperméable. J’écris pour être lue. Oui, je crois vraiment que j’écris pour être lue et entendue. 

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P
J'ai pas dis que les gens le faisaient. Et depuis le 3, je peux me tromper. Comme tout le monde.
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S
<br /> Depuis le 3° Quoi ?<br /> <br /> <br />
H
2009 j'écris du bout de mon nez à la pointe de mes chaussures, pas plus loin. <br /> Sur une feuille volante au crayon à bille, debout pour les textes courts. J'écris beaucoup et régulièrement quand je vais bien.<br /> Convaincu d'écrire pour quelqu'un, je ne sais si c'est prétentieux ou humble. <br /> Immobile ou à grandes enjambées, le plus souvent j'écris en images mon désert vert -celui qui me sort par les yeux- ou en écoute du dedans, un paysage toujours immensément calme, et si peu peuplé, sauf d'émotions persistantes ou de sensations fugaces. <br /> Je tourne autour de mes territoires de sentiments, je passe et repasse toujours aux mêmes endroits : toucher la terre, sentir la pluie, goûter. Je gamberge, je réfléchis. Tempo, rythme et pulsations aussi.
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S
<br /> Hervé, si tu pouvais passer plus souvent ça serait bien. Merci pour la contribution.<br /> <br /> <br />
B
Je voulais un atelier où écrire fasse lire et écrire… Avec le droit à la rature, un regard bienveillant et exigeant, sans utiliser l'anonymat se défouler sur l'autre. J'y ai croisé nombre d'aigris refoulés revanchards, dont l'avatar est une burqâ cachant leur djihad, un paravent pour leur petit totalitarisme. <br /> On n'est pas très nombreux à y passer, certes. Mais on est là quand même. Et dans l'atelier ça soude des mots, et parfois des liens entre soudeurs se tissent. Fragiles toiles d'araignées qui toujours veulent se retisser;<br /> toile et web, pour mouches et papillons.<br /> Merci Soleil !
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S
<br /> Papillon, c'est mieux que mouche.<br /> <br /> <br />
P
C'est parce qu'il n'y a qu'une direction pour me lire, alors... Les chiens, c'est capable de montrer les dents jusqu'au moment où tu le touches, et là, berkos bonbon mentos, il te lèche :))) Moi, j'ai ma dose de pommes :) C'est beaucoup d'inertie et c'est presque toujours la dernière image qui reste en effaçant les mémoires.<br /> http://martello.free.fr/wizz/illusion.JPG<br /> <br /> Hugh !
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S
<br /> Elle est très belle cette image. Merci. Une seule direction ? je n'en crois pas un mot. Personne ne peut être lu en une seule direction.<br /> <br /> <br />
S
Ecrire pour donner une voix, une consistance à ce qui reste cacher, voire même enterrer, c'est mettre du coeur dans ses créations. Il n'y a rien de plus dérangeant que de se retrouver, au détour des mots, face à ce qu'on s'évertue à se cacher... une bonne petite claque salutaire, la lampe de flic dans la tête...
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S
<br /> Ce que j'écris ne me dérange jamais. Soit cela me fait rire, soit cela me fait dire que j'ai fait ce que je devais faire. C'est la vie qui me dérange, vois-tu Sandy ! :)<br /> <br /> <br />