Top articles
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Une vie à la con (1)
Une vie à la con. C’est tout ce que Jeanne pensait qu’elle avait réussi à se construire. Juriste de formation, elle avait mis à bas tous ses rêves d’humanité en échange d’une paix matérielle de plus en plus décevante. Elle s’arma une nouvelle fois de...
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suite aux "réflexions"
Ce à quoi je pensais en fait, c'était aux signes que consciemment ou inconsciemment celui qui parle envoie à l'autre. Ainsi me semble-t-il qu’on me rappelle sans cesse au principe de réalité quand on me joint une photo prise en webcam ou qu’on me précise...
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ce qu'il fait la nuit
Il gratte, ronge et soupire Rogne et brosse L'oeil étourdi, le sourcil convexe Cherche la trame qui ferait sourire Grogne et ronge, tourne et respire Etire, malaxe, pétrit La page lisse Qui s'étale à demi-mots Il soupèse, suçote et retourne Cire et ponce...
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portrait
C'est une paire de gants au fond d'un coffre de voiture pour ramasser la dépouille des chats qui n'ont pas su rentrer à l'heure Ce sont des colères sans nom qui font se terrer la petite qui est encore tapie au plus profond d'elle-même De grands éclats...
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abandon
Je te lâche l'homme, lâche l'enfant Les mots durs dans l'air Journée lourde de chagrin Acier douloureux Qui perfore les membres Humidité Douceur du coton Mille gouttelettes invisibles Papier de soie qui m'enveloppe Et me protègent Et me demandent d'accepter...
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la bille
Une bille bleue brisée au creux de la paume, Petit amas de terre amassé sous la pâleur de l'ongle. L'enfance oubliée agacée par le souvenir Fait jaillir les images aux angles brisés Odeur du réglisse qui picote la pointe de la langue Éclair du plastique...
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les grandes amoureuses
Les grandes amoureuses, véritables journées de juin Cachent dans leur sac de charmants petits carnets Peinent à s'endormir et s'empressent d'accueillir chaque nouveau matin On les voit au fil des rues qui relèvent tout ce qui pourrait être bon à croquer...
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l'équilibriste
C'était il y a bien longtemps Sur le pont des arts Ils étaient deux Deux de plus Rien de plus Les bancs glacés Figés d'en avoir tant vu Les regardaient Se déplacer à pas comptés Ça murmurait Que ces deux là … Bref, que ces deux là N'iraient sûrement pas...
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chronique d'une fin d'été
C'était un soir. Dans le grand silence de la nuit d'été, le message est arrivé. Il était court et interrogatif. Quand il l'a vu apparaître dans la fenêtre bleutée, il n'a même pas sursauté. Les mots disaient la pensée continue tendue vers lui et aussi...
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(1) jusqu'où irai-je
Je suis comme ça. La première fois que j'ai compris ce que je pouvais faire avec, je me suis trouvé stupide devant mon écran. Elle était là, la solution. J'allais enfin vraiment pouvoir être celui que je n'étais pas. Depuis le temps que je vivotais d'un...
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sur mon erre
Assourdissante musique que celle de mon coeur Palpitations invisibles - légèrement arythmiques- Qui pourraient alerter mon entourage si elles le pouvaient J'écoute attentive L'homélie de celle qui me connaît et me dit de ralentir Je suis sur mon erre...
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les peurs (2)
Les peurs sont au-delà des mots. Il n'est pas question de les quantifier. Elles vrillent les tripes et font vomir. Il sait qu'elles dévastent tout et l'étourdissent jusqu'au vertige, yeux grands ouverts fixés sur le plafond de la chambre aux volets clos....
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mémoire pour rappel
La vie c'est comme une plaque de métal dans le dos, glissée entre la chemise et la peau. Au moment du départ il faut juste accepter l'idée qu'on va vous la retirer. C'est comme chez le docteur, faut pas se contracter, faut y mettre de la bonne volonté....
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les examens (1)
Quand Marie était petite, elle consacrait un temps fou à faire ce qu'on appelait, à cette époque-là, son examen de conscience. Tous les soirs, et peut-être aussi tous les matins, elle passait en revue ce qu'elle pensait avoir fait de bien et ce qu'elle...
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écris-moi un poème
Quelques mots dans l'air de la page Comme des traits indécents - incandescents - J'ai fermé les yeux pour ne pas lire Gardes du corps Flux tendus Contractures Tiges coupées de ma mémoire Ramasse-miettes De mon coeur abasourdi Qui étions-nous derrière...
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les mots
Qui peut dire les mots-perce-ventre Hasard de la voix Qui peut comprendre la caresse trouvée et adoptée Remue ménage de ma mémoire Qui peut faire naître l'envol des images Et les portes trop sages qui enfin claquent, Les grands murs deviennent des papiers...
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l'aînée
Sur le tapis de ma mémoire Boucles blondes Regard bleu Mes mains en tremblent encore Etre l’aînée Sur le chemin de la vie Epaules lourdes Mon cœur contre ton cœur Tout près serré Pour te rassurer Vivre en aînée Chemin libre Bras légers Portes ouvertes...
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paix
C'est la caresse de l'air qu'il préfère. Fenêtres ouvertes. Musique en sourdine. L'été s'est installé. Tout rayonne. La chaleur a envahi une fois encore l'atmosphère. C'est le miracle sans cesse renouvelé des saisons. L'émotion afflue. Presque libre d'aller...
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Digression
J’attends dans la cuisine. Par delà la fenêtre, c’est mon futur qui se dessine. Je me ronge les ongles. Je fouille du regard les tours au loin et le long ruban de goudron sur lequel les voitures défilent. Autour de moi, c’est le silence. Sur la paillasse...
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Créativité
Est-ce si important de savoir si tu es à la fin ou pas de ta créativité ? ça veut dire quoi pour toi ? Est-ce un constat d'échec latent ou un constat que tu as accompli ce que tu avais à accomplir ? Je ne suis pas créatrice, je suis pourtant dans l'inventivité...
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à fleur de mots
Pour les impromptus... - Tu veux bien fermer la porte ? demanda doucement Clara à l’assistante principale. Installée devant une simple table d’appoint, elle actionnait rapidement les touches de son clavier. Le logiciel de lecture d’écran faisait son travail...
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Humeur maussade
J'ai décidé de partir en France à Noël avec l'infante. On essaie de faire le temps moins long. On se relaie. Lui à la Toussaint, moi, à Noël, nous en février, moi au printemps, nous en été. C'est la chanson du temps qui reste. Année après année....ça...
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Conte de Noël -(6 et fin).
6. Ma mère n’a pas eu de chance. Marie s’est fait choper par la maladie. Je ne crois pas qu’on puisse dire que c’est ce qu’on appelle avoir de la chance. Moi, dans tout ça, je me dis que je n’ai aucune raison de me plaindre. Je ne suis pas malade et personne...
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chant d'une nuit
Mords le ventre, mords Presse-toi contre celui que tu désires Avant qu'à tout jamais la mort- ton bel amant - emporte Et écoute naître le venin du plaisir Pince le ventre, pince Etire les fibres de l'attente De l'ophidie barbue qui prend la fuite Et écarte...
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tableau
Dans la pénombre de la chambre on n'entend que le bruit du petit tabouret de bois qui se déplace par moment. Quatre pieds minuscules soutiennent la ronde et épaisse tranche coupée à même le tronc, qui supporte sans broncher le corps massif de la masseuse....